44 rue Quincampoix, 75004, Paris, France
Open: Tue-Sat 11am-7pm
Sat 23 May 2026 to Sat 20 Jun 2026
44 rue Quincampoix, 75004 Szabolcs Bozó: Antidote
Tue-Sat 11am-7pm
Artist: Szabolcs Bozó
“What is art for, what can it do, what’s the point of it all?” This was the opening sentence of the exhibition text written by Scott Indrisek for Szabolcs Bozó’s first solo exhibition at Semiose Gallery in June 2020 during the COVID pandemic, entitled Big Bang. Six years later, in a world beset by turmoil and war and besieged by social media, disinformation and the omnipresence of AI, the Hungarian-British artist based in London is back at the gallery with a completely new body of work, which once again feels like “an antidote to this daily thrum of anxiety” (Indrisek).
Since his last show, Szabolcs Bozó has continued to fashion his own universe, populated by the descendants of a long heritage of Hungarian animation, which has evolved from traditional folklore into a complex, psychologically driven iconography. Working primarily with paper and pen, he treats his drawings as mental notes—a visual journal reflecting on the state of the world around him. With humanity at what increasingly seems to be a historic juncture, his imagery has become more pertinent than ever. Yet, almost downplaying the gravity and context of his new works, he states, “I wouldn’t exactly describe them as an attempt to escape reality; living in a big city, one is constantly aware of it. However, whenever I get the chance, I try to paint things that look hopeful rather than depressing.”
Szabolcs Bozó deliberately preserves the underlying flaws and imperfections that remain visible beneath what, at first glance, appear to be straightforward portraits of cheerful characters. His animated application of paint and occasional use of impasto engenders seemingly cute images, while still exposing their darker side. This is the principal idea behind the sometimes distorted or blurred reflections and brings to mind certain similarities to how we are inclined to perceive our online or social media selves. When doom-scrolling, we are rarely provided with the complete context of an event and our off-the-cuff impressions can easily play tricks on us. Suggesting the idea of multiple, co-existing selves, Szabolcs Bozó’s protagonists borrow features from one another and, on occasion blend into chaotic, absurd clusters of traits, colors and gestures. Whenever he addresses major issues like global mass destruction or knife crime, the artist seems inclined to react by assembling an army of animal superheroes to protect us.
This anthropomorphic approach lends his work a fable-like quality. Fables constitute a significant part of storytelling across the world—from the Panchatantra animal tales of India to the African oral tradition of trickster figures—and Szabolcs Bozó’s native Hungary has a particularly rich pictorial narrative tradition. Closely connected to folklore, these tales offer lessons about survival and shrewdness, sometimes serving as social commentary and, in particular, reflecting the socio-political dynamics of the 20th century. In a similar way, Szabolcs Bozó uses these allegories to reflect on life, but unlike traditional fables that are structured and ordered, his paintings are “noisy,” full of quirky gestural elements and often convey a sense of movement. They mirror the colorful, frantic, and often absurd side of the human subconscious—the messy, unscripted experience of being alive. This extemporaneous aspect has become an important element of the artist’s practice, making intuitive mark-making a dominant part of the way he expresses himself.
While at first glance Szabolcs Bozó’s images might appear to resemble storyboard frames from Hanna-Barbera or Disney cartoons, they in fact have more in common with Cy Twombly’s scribbles and gestures, Jackson Pollock’s splatter paintings or William de Kooning’s layered canvasses. Reflecting the artist’s high regard for the authenticity and immediacy of direct mark-making, Szabolcs Bozó’s most recent body of work is entirely focused on spontaneous brushstrokes, energetic gestures and exhilarating freshness. Capturing fleeting instants of inspiration and evoking the act of writing by hand, his gestural approach to painting challenges the idea of what a “finished” painting should look like. Deliberately leaving sections of raw canvas visible and certain brushstrokes “unfinished,” Szabolcs Bozó’s new “painterly drawings” ascribe greater value to gut feelings, immediacy and the creative process itself, rather than a polished final product. In revealing the creative journey, decisions, mistakes, and physical movements, his work becomes a channel for communication between the artist and the viewer. In doing so, it is able to explore more personal, profound subjects and is never limited by the logic of language or common sense. So, rather than immersing oneself in the scene, one can almost experience the painting being constructed before one's eyes and thus receive an immediate “antidote” to the depressing reality taking place outside the canvas.
Saša Bogojev
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« À quoi sert l’art, que peut-il, quelle est sa finalité ? » Telle était la phrase d’ouverture du texte d’exposition rédigé par Scott Indrisek pour la première exposition solo de Szabolcs Bozó à la galerie Semiose, en juin 2020, en pleine pandémie de COVID, intitulée Big Bang. Six ans plus tard, dans un monde en proie aux troubles et à la guerre, assailli par les réseaux sociaux, la désinformation et l’omniprésence de l’IA, l’artiste hongro-britannique basé à Londres revient à la galerie avec une série d’œuvres entièrement nouvelles qui, une fois de plus, se présentent comme « un antidote au bourdonnement anxiogène du quotidien » (Scott Indrisek).
Depuis sa dernière exposition, Szabolcs Bozó a continué à façonner son propre univers, peuplé de descendants d’un long héritage de l’animation hongroise, qui a évolué du folklore traditionnel vers une iconographie complexe, pétrie de psychologie. Travaillant avant tout avec papier et crayon, il traite ses dessins comme des notes mentales – un journal visuel reflétant l’état du monde qui l’entoure. Alors que l’humanité semble se tenir à un tournant historique, ses images sont plus pertinentes que jamais. Pourtant, minimisant presque la gravité et le contexte de ses nouvelles œuvres, il déclare : « Je ne les décrirais pas exactement comme une tentative d’échapper à la réalité ; quand on vit dans une grande ville, on en est constamment conscient. Cependant, dès que j’en ai l’occasion, j’essaie de peindre des choses porteuses d’espoir plutôt que déprimantes. »
Szabolcs Bozó conserve délibérément les défauts et imperfections sous-jacent à ses figures, qui ressemblent à première vue à de simples portraits de personnages enjoués. Son application énergique de la peinture et son recours occasionnel à l’empâtement donnent naissance à des images en apparence « mignonnes », tout en dévoilant leur côté plus sombre. C’est là l’idée principale qui sous-tend ces reflets parfois déformés ou flous, et qui rappelle certaines similitudes avec la façon dont nous avons tendance à nous percevoir nous-mêmes en ligne ou sur les réseaux sociaux. Lorsque nous faisons défiler les actualités de manière compulsive, nous disposons rarement du contexte complet d’un événement et nos impressions spontanées peuvent facilement nous jouer des tours. Suggérant l’idée de multiples identités co-existantes, les protagonistes de Szabolcs Bozó empruntent des caractéristiques aux uns et aux autres et, parfois, se fondent en un mélange chaotique et absurde de traits, de couleurs et de gestes. Chaque fois qu’il aborde des questions majeures telles que la destruction massive à l’échelle mondiale ou les agressions au couteau, l’artiste semble enclin à réagir en rassemblant une armée de super-héros animaux pour nous protéger.
Cette approche anthropomorphique confère à son œuvre un caractère fabuleux. Les fables occupent une place importante dans les traditions narratives du monde entier – des contes animaliers du Panchatantra en Inde au trickster dans les traditions orales africaines – et la Hongrie natale de Szabolcs Bozó possède une tradition narrative picturale particulièrement riche. Étroitement liées au folklore, ces histoires offrent des leçons de survie et de ruse, servant parfois de commentaire social et reflétant en particulier les dynamiques sociopolitiques du XXe siècle. De la même manière, Szabolcs Bozó utilise ces allégories pour méditer sur la vie, mais contrairement aux fables traditionnelles, structurées et ordonnées, ses peintures, avec leurs éléments gestuels excentriques, sont « bruyantes » et transmettent souvent une impression de mouvement. Elles reflètent le côté haut en couleur, frénétique et souvent absurde du subconscient humain – l’expérience chaotique et imprévisible de la vie. Cet aspect improvisé est devenu un élément fondateur de la pratique de l’artiste, faisant du tracé intuitif une composante essentielle de son mode d’expression.
Si, à première vue, les images de Szabolcs Bozó peuvent sembler s’apparenter aux planches de storyboard de dessins animés de Hanna-Barbera ou de Disney, elles ont en réalité davantage en commun avec les gribouillis et les gestes de Cy Twombly, les peintures d’éclaboussures de Jackson Pollock ou les toiles stratifiées de Willem de Kooning. Témoignant de la grande importance que l’artiste accorde à l’authenticité et à l’immédiateté du tracé direct, la série d’œuvres la plus récente de Szabolcs Bozó est entièrement centrée sur des coups de pinceau spontanés, des gestes énergiques et une fraîcheur exaltante. Capturant les instants fugaces d’inspiration et évoquant l’écriture à la main, son approche gestuelle de la peinture remet en question l’idée de ce à quoi devrait ressembler un tableau « achevé ». En laissant délibérément visibles des parties de toile brute et certains coups de pinceau « inachevés », les nouveaux « dessins picturaux » de Szabolcs Bozó accordent plus de valeur à l’intuition, à l’immédiateté et au processus créatif lui-même qu’à un produit final lisse. En dévoilant le parcours créatif, les décisions, les erreurs et les mouvements physiques, son œuvre devient un canal de communication entre l’artiste et le spectateur. Ce faisant, elle est capable d’explorer des sujets plus personnels et profonds, sans jamais être limitée par la logique du langage ou du bon sens. Ainsi, plutôt que de s’immerger dans la scène, on peut presque voir le tableau se construire sous nos yeux et recevoir ainsi un « antidote » immédiat à la réalité déprimante qui se déroule en dehors du tableau.
Saša Bogojev