Sam McKinniss: Misery

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Open: Tue-Sat 11am-7pm

64 rue de Turenne, 75003, Paris, France
Open: Tue-Sat 11am-7pm


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Sam McKinniss: Misery

to Sat 8 Oct 2022

Artist: Sam McKinniss

64 rue de Turenne, 75003 Sam McKinniss: Misery

Tue-Sat 11am-7pm


version française ici

Almine Rech Paris presents Misery, Sam McKinniss’s third solo exhibition with the gallery, and his first in France.

“You’ll never know the fear of losing someone like you, when you’re someone like me,” says the torturous Annie, in the 1990 film adaptation of Stephen King’s Misery. The line is delivered to Paul, a famous romance novelist with whom Annie is obsessed—a character necessarily equated to King himself, making Annie the horrifying, metaphorical readership of King books: demanding to the point of (literally) hobbling. Inversely, Annie will never know someone like Paul’s fear of losing someone like her, the fear that the proverbial reader has taken over and is shaping the work more than can ever be known.

In Sam McKinniss’s paintings, one sees the artist working overtly against this fear by leaning into and beyond it, painting subjects not from his own personal experiences but those with which most of us are extremely familiar, found in popular media, press photos, other artworks. And yet, Sam’s paintings are necessarily of himself, of what has formed or is forming him. They are also of his viewers, of what has formed and is forming us. In redrawing snapshots of celebrities, for example, that are so recognizable they have become common, Sam reevaluates that very action of collectively flattening an image. The references are not unduly manipulated. These are captured moments, as we saw and continue to see them, heightened by virtue of their being paintings.

In this show, titled Misery, Sam’s rendition of Kathy Bates accepts her only Oscar for playing Annie. Angela Lansbury tears up while holding an Academy Honorary Award, as does Will Smith, who has just made history by slapping presenter Chris Rock across the face. Cher wears what is called her Oscar revenge dress, hoping to get something out of showing up even though she wasn’t nominated for Mask that year. Gwyneth Paltrow carries her Best Actress award for Miramax’s Shakespeare in Love, speculated to be a strong-armed win on account of Harvey Weinstein’s aggressive campaigning. Chris Farley, another presenter, crosses his eyes in front of a chiseled Oscar statue. Idols hold idols in front of idols.

Sarah Connor is made skeletal and glowing by a nuclear blast (a scene in Terminator 2: Judgement Day); a newly discovered pit viper, named after the Harry Potter character Salazar Slytherin, winds around a jungle branch; Holstein Friesian dairy cattle look serene in green pastures. The cows’ placement and coloring are a little too perfect to be life studies, making them livestock stock images. Again and again, a golden figure is seen, or imagined—as in a copy of Francis Picabia’s L’Adoration du veau (1941-1942), which itself referenced Erwin Blumenfeld’s photograph The Minotaur or the Dictator (1937), and simultaneously a Biblical scene of early idolatry, the Adoration of the Golden Calf (Exodus 32:1-6). In the biggest of these paintings, Martha Plimpton and River Phoenix appear painfully uncomfortable on the red carpet as parts of a large crowd gawk and cameras document their entrance. This and others are moments of forced transition, when people are made into sacred cows, herded onto the stage of public opinion without question: this is what they get.

In the movie, Misery is not a feeling but the name of the protagonist in Paul’s novels (It is also the name Annie gives her pet pig, after her favorite heroine.). Annie is defined by longing for the return of Misery and missing the irony there; Paul is defined by hoping to kill off Misery, oblivious to the futility in trying. In the end, Paul becomes a celebrated writer of another ilk, attributing his success to the life changes Annie inadvertently caused for him, and a loop closes, suggesting the whole narrative might simply repeat itself. Sam does his painting in a barn, somewhat isolated from a city life and its art worlds. Up there, he’s neither Annie nor Paul, but in some ways both. In his works we can see him as the fan and the idol, the adorer and the sacred calf, two sides of the same coin, or an ouroboros with parts that both hinder and need one another infinitely.

— Natasha Stagg, writer and critic


« Vous ne connaîtrez jamais la peur de perdre quelqu’un comme vous, quand on est quelqu’un comme moi », disait Annie la tortionnaire dans l’adaptation cinématographique du Misery de Stephen King (1990). La réplique s’adresse à Paul, romancier célèbre qui obsède Annie – personnage que l’on ne peut que rapprocher de King lui-même, faisant d’Annie le lectorat métaphorique et terrifiant de l’œuvre de l’écrivain : exigeant au point de lui faire (littéralement) perdre pied. À l’inverse, Annie ne connaîtra jamais la peur de quelqu’un comme Paul de perdre quelqu’un comme elle, l’angoisse de voir son lecteur prendre le dessus et façonner l’œuvre bien plus que l’on ne l’aurait imaginé.

Dans la peinture de Sam McKinniss, on voit l’artiste batailler ouvertement contre cette peur : il s’appuie dessus, il la dépasse en peignant les sujets non pas de ses propres expériences, mais de celles qui nous sont intimement familières, puisées dans les mass-médias, les photos de presse, les autres œuvres d’art. Et pourtant, les peintures de Sam contiennent nécessairement un peu de lui-même, de ce qui l’a façonné ou est en train de le façonner. Elles contiennent aussi le regardeur, ce qui l’a façonné et le façonne. En redessinant des photos de célébrités, par exemple, tellement reconnaissables qu’elles sont devenues banales, Sam réévalue l’action même d’aplatir collectivement l’image. Les références ne sont jamais indûment manipulées. Ce sont des instants figés, tels que nous les avons vus et continuons de les voir, sublimés par le fait qu’ils sont devenus des tableaux.

Dans cette exposition intitulée Misery, Sam réinterprète Kathy Bates recevant le seul Oscar de sa carrière pour le rôle d’Annie. Angela Lansbury pleure en tenant son Oscar d’honneur, tout comme Will Smith, qui vient d’entrer dans l’histoire en giflant le présentateur Chris Rock. Cher porte ce qu’on a appelé sa « robe de vengeance », espérant tirer quelque chose de sa présence aux Oscars alors qu’elle n’a même pas été nominée pour Mask cette année-là. Gwyneth Paltrow saisit son prix de la meilleure actrice pour le Shakespeare in Love de Miramax, qu’on soupçonne d’avoir tout raflé grâce aux intenses pressions exercées par Harvey Weinstein. Chris Farley, autre présentateur de la cérémonie des Oscars, louche sur une statuette dorée. Des idoles tiennent des idoles devant d’autres idoles.

Sarah Connor est rendue squelettique et phosphorescente par une explosion nucléaire (d’après une scène de Terminator 2 : Le Jugement dernier) ; un crotale d’un genre nouveau, baptisé Salazar Serpentard comme le personnage de Harry Potter, s’enroule autour d’une branche dans la jungle ; les vaches laitières Holstein paissent calmement dans de verts pâturages. Par leur disposition et leurs coloris, les vaches sont un peu trop parfaites pour avoir été peintes d’après nature, c’est plutôt du bétail de banque d’images. Un peu partout, on aperçoit – ou on imagine – une figure dorée, comme dans cette copie de L’Adoration du veau (1941-1942) de Francis Picabia, qui elle-même faisait référence à la photo d’Erwin Blumenfeld Le Minotaure ou le Dictateur (1937), mais aussi à un épisode biblique d’idolâtrie ancienne, l’Adoration du Veau d’or (Exode 32:1-6). Dans la plus grande de ces toiles, Martha Plimpton et River Phoenix semblent affreusement mal à l’aise sur le tapis rouge, sous le regard goguenard d’une partie de la foule et les flashs des photographes qui documentent leur arrivée. Ici, comme ailleurs, on assiste à des moments de transhumance forcée, où l’on fait de certains des vaches sacrées, poussées sur scène devant l’opinion publique sans autre choix : ils le méritent bien, après tout.

La Misery du film n’est pas le sentiment, mais le nom de l’héroïne des romans de Paul (c’est aussi le nom qu’Annie donne à son cochon de compagnie, en hommage à son personnage fétiche). Annie est définie par son désir ardent de faire revenir Misery, sans en saisir l’ironie ; Paul est défini par l’espoir de parvenir à faire mourir Misery, inconscient de la futilité de son projet. À la fin de l’histoire, Paul est devenu un écrivain encore plus renommé, et attribue son succès aux bouleversements involontaires qu’Annie lui a fait subir. La boucle est bouclée, au point qu’on imagine que l’histoire pourrait tout simplement se répéter. Sam peint ses toiles dans une grange, quelque peu à l’écart de la vie urbaine et de ses cercles artistiques. Ici, il n’est ni Annie ni Paul, mais d’une certaine façon un peu les deux. Dans ses œuvres, on peut le voir comme le fan et l’idole, l’adorateur et le veau sacré, les deux faces d’une même médaille, ou un ouroboros dont les deux extrémités se dévorent mais ont infiniment besoin l’une de l’autre.

— Natasha Stagg

all images © the gallery and the artist(s)


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