Nick Doyle: Ruin

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Open: Tue-Sat 10am-6pm

76 rue de Turenne, 75003, Paris, France
Open: Tue-Sat 10am-6pm


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Nick Doyle: Ruin

Paris

Nick Doyle: Ruin
to Sat 28 May 2022
Tue-Sat 10am-6pm
Artist: Nick Doyle

This exhibition takes place at 10 Impasse Saint-Claude, 75003 Paris

click for Press Release in French

Perrotin presents Nick Doyle’s second exhibition with the gallery and his first in Paris. For this occasion, the artist presents familiar imagery, front-facing yet with a caustic slant, addressing heightened clichés of masculinity and a dark vision of an American wasteland.

fine art documentation for Perrotinphotographed and edited by Claire Dorn

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Nick Doyle’s pictorial and sculptural work inserts itself within North American typecasts, a pop iconography mixed with representations from material culture. The California-born New York-based artist deliberately and objectively flips history and painting upside-down through a generation of stereotyped images and other modernities. Here the “low” subject defeats the “high” work in a game of transfigured savoir-faire. Meticulous and luxurious the artist’s techniques involve handwork and artisanal virtuosity applied to registers of forms and not- conforming structures. Close to the bone, cruel, akin to Joan Didion’s intransigent realism, the ready-made blends with the man-made, in almost nocturnal despair-hued indigo blues. In a tone borrowed from sharp satire, Doyle tugs at the perverse edges of our contemporary era and its entropy.

From the outset, the choice of preliminary images is understood to be paramount however, these “icons,” are deceptive or recalcitrant. Selected for their evocative power, they are critical storytellers of an American culture whose present is outmoded, clinging to a bygone conservative-era model of reality shaped by hackneyed ideals. A thorny cactus, a paintbrush left behind, a garbage bag filled to capacity, a broken pencil, a cut-up tie: as many banal signs and emblems as those in a washed-out materialistic society. These domesticated landscapes originate from the eternal conquest of the Wild West and the perpetuation of a “modernist myth.” Similarly to a cinematic wide shot, the series of objects brings forth a ‘Made in the USA’ heritage that movies and pop culture have endorsed. Resonant with film director Kelly Reichardt’s universe, Doyle depicts the agonies and impasses of a society in ruins, where forsaken artifacts and décor coexist in a mercantile prosody. His work revisits the roots of consumerism: the producer and its target. Since the human figure is absent, the objects become the actors. The oversized scale of the works heightens this corporeal effect, even substitutes it through mirroring and echoing, testing the viewer. Individual consistency, from the cowboy to the trader in particular, is called into question. So great and so defeated, one might say. Nevertheless, in the absence of a background or stable décor, the viewer faces the edges of a hollowed-out world, a front-facing copy- paste, torn from “artificial realism.”

The marquetry of textile, central to Doyle’s work, presents in a range of polychrome hues the quest for the restitution of the source image: maple wood, vegetable-tanned leather, re-assembled denim, come together. Using the language of pattern making, often linked to tapestry, a pictorial translation materializes through the distillation of form and color. Up close, the trompe l’œil material echoes the subjects of this cultural anthropology. Doyle’s savoir-faire is inscribed within American vernacular crafts and folklore, often intertwined by nature. Here, denim acts as a raw material, as much fertile ground as old ruin, resulting in a sensual density, visually and fundamentally human. The artist’s hand transpires through each fabric strip, then adhered onto the wooden surface of the recreated objects.

The exhibition’s title, Ruin certainly outlines darker social undertones, revealing an American dreamland turned to abstraction upon closer inspection. The highly-executed works — wood-carving, quilting and leatherworking — rebut their polished demeanor. While unquestionably drawn from miles of flatland, the nostalgia of the discarded bouquet counters its sun-bleached tones.

Mathieu Buard, February 2022.


La galerie Perrotin est heureuse de présenter la deuxième exposition de Nick Doyle avec la galerie et la première à Paris. À cette occasion, l’artiste présente des tableaux – objets familiers sous l’angle de la dérision dans une organisation spatiale frontale, reprenant des clichés exacerbés de la masculinité et une vision sombre des territoires américains oubliés.

Le travail pictural et sculptural de l’artiste est une insertion dans l’imagerie d’Épinal nord-américaine, iconographie pop depuis le moment où la culture matérielle entre dans le champ des représentations. Histoire et peinture de genres, génération d’images stéréotypées et autres modernités que l’artiste californien basé à New-York prend sciemment et objectivement à revers. Ici, le low du sujet défit le high des œuvres dans un jeu de transfiguration de savoir-faire et de techniques minutieuses, luxueuses, qui engagent le travail de la main, le déploiement d’une virtuosité artisanale sur des registres de formes et formats non conformes. À l’os, cruel, tel un réalisme intransigeant à la Joan Didion, le ready made se fond avec le man-made, dans un désespoir de bleus indigo quasi nocturne, entre chien et loup. Doyle, non sans un ton emprunt d’une satire aigüe, mord les bords dévoyés de notre époque contemporaine, salement entropique.

D’emblée, l’on perçoit l’importance du choix des images préalables, «icônes» déceptives ou récalcitrantes, qui chacune prise pour son pouvoir évocateur, est la métonymie ou le storytelling critique d’une culture américaine tournée vers un présent passé. Agrippée à une époque révolue et conservatrice et dont le modèle de réalité charrie des idéaux éculés. Un cactus épineux, un pinceau oublié sur son fait, un sac poubelle plein, un crayon brisé, une cravate phallique coupée, autant de signaux et emblèmes anodins d’une société matérielle lessivée, paysage tristement domestiqué dont l’a priori repose sur l’éternelle conquête du Farwest et des perpétuations d’un « mythe moderniste ». Tel un plan large, la série d’objets dresse l’héritage et patrimoine made in the USA dont le cinéma, puis la culture pop se sont saisis. Non loin de Kelly Reichardt, ici Doyle dépeint les affres et impasses d’une société en ruines, où artefacts et décors coexistent esseulés dans une prosodie mercantile. Ses œuvres parodient les enseignes publicitaires, la cible ou la figure de tir. Là, la question de l’humain demeure l’énigme prépondérante: Si la figure humaine est réellement absente, par correspondances les objets sont acteurs. L’échelle surdimensionnée des œuvres augmente cet effet corporel, s’y substitue même et interroge le spectateur, en miroir et écho. La consistance individuelle, du cowboy au trader notamment, est mise en question. Si grand et si vainc pourrait-on dire. Outre la démesure des choses qui met en péril la véracité ou la probité de ce qui est vu, l’image objet est détournée, et en l’absence de fond ou de décor stable, le regardeur affronte les abords d’un monde évidé, copier-coller frontal, détouré et plus brutalement encore : il touche le (réalisme) factice. De loin.

De près, en trompe l’œil, la matière dessine les figures et les sujets de cette anthropologie déliquescente, et paradoxalement par la magnificence des techniques artisanales traditionnelles retrouvent les chemins d’une densité sensuelle, plastique et fondamentalement humaine. Le geste de l’atelier transpire à la peau des objets reconstitués. Les savoir-faire déployés par Doyle sont inscrits dans les crafts et folklores vernaculaires américains, hybridés par nature. Cuir, denim, textiles réassemblés, le montage des surfaces recomposent le vraisemblable de l’image source.

Le jean, textile endémique adoptée en masse par l’Amérique, joue le rôle de matière première, autant terreau que ruine. La marqueterie de textile, centrale dans son travail, présente dans une gamme de teintes polychromes la quête de la restitution de la figure convoquée. Telle une retranscription parente des savoir-faire de la tapisserie où la qualité de la définition se pose, l’enjeu d’une bonne résolution de la traduction, picturale, par les moyens et matérialités d’une écriture textile s’affirme. Ici la marqueterie, faite de ces fragments d’étoffes, toiles de jean assemblées et agencées, cousues et appliquées en une surface homogène reconstitue à la façon inverse d’une sérigraphie, l’imagerie dans le tableau. High fidelity dans le plat de la marqueterie textile, dans le geste précis des intarsias et des accords colorés, dans l’assemblage figuratif. Virtuosité qui fait disparaître la gestuelle au profit de l’atelier, horizontalité joueuse au-delà de l’expression, et qui ajuste l’étrangeté de la frontalité picturale.

Alors, flatland oui certes, mais dans un grand reversement, le bouquet n’est pas la ruine que l’on pense, les matérialités donnent corps et consistance à une superbe, et dans l’exécution et l’intelligence de la main, façonnage et taillage du bois, quilting textile et gainage de cuir circonscrivent et dessinent les sujets d’une anthropologie figurale. Même s’il s’agit d’un pot renversé ou d’un cadenas, faire est humain.

Mathieu Buard, février 2022.

View of the exhibition Ruin by Nick Doyle © Photo: Claire Dorn / Courtesy of the artist and Perrotin


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