Blutch: Dessins Mish-Mash

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Open: Mon-Sat 10.30am-7.30pm

33 & 36 Rue de Seine, 75006, Paris, France
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Blutch: Dessins Mish-Mash

to Sat 23 Jul 2022

Artist: Blutch

33 & 36 Rue de Seine, 75006 Blutch: Dessins Mish-Mash

Mon-Sat 10.30am-7.30pm

Galerie Vallois Blutch 1

Galerie Vallois Blutch 2

Galerie Vallois Blutch 3

Galerie Vallois Blutch 4

“Neither writer nor artist.
To me, this indecisiveness is wonderfully fruitful, infallibly guiding one off the beaten track. I am not fiercely drawn to society, and my work is not driven by a will to reign there. […] I have no taste for domination and, amidst the hustle and bustle, I thoroughly avoid to let demagogy tint the ink I draw with. I eschew any kind of strategy and strive for indeterminate goals. I sometimes picture myself as a crooked tree, an image I’ve grown accustomed to.
I was asked, when drafting these lines, to specifically write about drawing. This is not an easy task, for the idiosyncrasy and merit of drawing is precisely, as anyone who practices it will know, its imperviousness to characterization. It is crucial to preserve the unexplained, the unsaid, as the enticing idea of defining and naming narrows the scope of what the draughtsman attempts to convey.” (1)

For his first solo show at the gallery, Blutch, Alsatian draughtsman and comic book author presents a « mish-mash » of drawings or, better yet, Drawings Mish-Mash.

Mish-mash probably originates from the Yiddish word Mishn, referring to a mix of things that do not belong together or that, when associated, create a dissonance.
A mish-mash could be compared to the white noise of indistinguishable chatter: “in the streets, for example, I am always overwhelmed by people. I have trouble ignoring things and that tires me sometimes.

All my work comes from what I see and hear. We usually refer to the eye when thinking about drawing, but the eye shouldn’t be dissociated from the ear.” (2)

Blutch draws everything, all the time, always, from decency all the way to perversion, with a touch of cruelty and irony. With a sense of childhood candor as well, the candor of drawings made without purpose or ambition.

Sometimes Blutch feels like his practice could be “asphyxiated by the rules of comic book literature.” The term draughtsman suits him best, because drawing goes beyond words – a free, untranslatable, abundant mish-mash. Blutch “fights for drawing to stay moving, unstable, vivid and close to its subject (3).”

But what is the subject exactly? Not unlike Yiddish – a mix between German, Hebrew and
slavic words – or the multiple dialects that make up Alsatian, Blutch mingles references, inspired as much by paintings as by jazz or cinema. Everything is condensed in his art. “If we were to lay down all of my work on the ground, in chronological order, all the drawings, all the comic strips, we would see my life in a nutshell […] (4).”
This mish-mash could be a way of understanding a corpus – or rather, a permanent indecision: these jumbled drawings, as Blutch explains, act as an “emotional diary.”

Agate Bortolussi

(1) Blutch, “L’inartistique ”, La lettre de l’Académie des Beaux-Arts, No. 94, summer 2021
(2) “La libido est partout” Conversation with Blutch, by Emma Abela, Blutch. Un autre paysage, ed. Dargaud, Paris, p. 23
(3) Blutch, « L’inartistique », La lettre de l’Académie des Beaux-Arts, No 94, summer 2021
(4) “La libido est partout” Conversation with Blutch, by Emma Abela, Blutch. Un autre paysage, ed. Dargaud, Paris, p. 24


« Ni écrivain, ni plasticien.
Cette indécision m’apparaît merveilleusement féconde, comme le plus sûr moyen de voyager en dehors des routes. Je ne suis pas irrésistiblement attiré par la société, et mon travail n’a pas pour vocation de me permettre d’y régner. […] Je n’ai pas le goût de la domination et, dans le tintamarre, me garde soigneusement de tremper ma plume dans la démagogie. Je n’ai pas de stratégie et les buts à atteindre m’apparaissent nébuleux.
Je me suis fait l’effet quelquefois d’être un arbre ayant poussé de travers et m’en suis naturellement accommodé.

On m’a commandé ces lignes en me demandant d’y évoquer plus spécifiquement le dessin. C’est un exercice délicat car ce qui constitue avant tout le dessin, pour qui le pratique, c’est justement son imperméabilité face aux tentatives de formulation.

Et cette résistance rend justement l’acte de dessiner précieux. Il convient de préserver le non-expliqué, le non-dit, car la tentation de définir, de nommer, réduit la portée de ce que le dessinateur essaie de dire. » (1)

Pour sa première exposition personnelle à la galerie, Blutch, auteur de bande dessinée et dessinateur alsacien présente un mish-mash de dessins, ou plutôt : Dessins Mish-Mash. Mish-mash viendrait du Yiddish : Mishn – qui signifie mélanger, un mélange de choses qui a priori ne vont pas ensemble ou qui, associées, créent davantage une dissonance qu’une harmonie. Un mish-mash n’est autre qu’un méli-mélo, onomatopée exprimant un bruit de bavardage permanent : « dans la rue, par exemple, je me prends tout le monde en pleine figure. Je n’arrive pas à faire abstraction, et ça me fatigue des fois. Tout mon travail part de ce que j’ai vu… et entendu aussi – on parle de l’œil, mais l’œil est indissociable de l’oreille » (2).

Blutch dessine tout, tout le temps, toujours : de la pudeur à la perversion, avec une pointe de cruauté et d’ironie. De la candeur aussi, celle de l’enfance qui n’est pas « corsetée », celle du dessin fait sans but ni ambition.

Blutch sent parfois son « dessin en danger d’asphyxie à l’intérieur des règles de la bd ».
« Dessinateur » c’est mieux, le dessin se passe de mots pour aller au-delà du langage – il est ce mish-mash libre, intraduisible, et infiniment riche. Blutch « lutte pour que [le dessin] reste mouvant, instable, vif, au plus près du sujet » (3).

Mais quel est le sujet au juste ?

Un peu comme le Yiddish, langue vernaculaire utilisée par les communautés juives d’Europe de l’est et centrale, un mélange d’allemand, d’hébreu et de mots slaves ; ou encore l’alsacien, assez semblable au Yiddish du fait qu’il rassemble plusieurs dialectes – Blutch mélange lui aussi différentes références et se nourrit autant de peinture que de jazz ou de cinéma… Le dessin est finalement ce qui lui permet de tout condenser. « Si l’on étale tout mon travail depuis le début, dans l’ordre, par terre, tous les dessins, toutes les planches, etc., on obtient ma vie en condensé […] » (4).

Ce mish-mash serait peut-être une manière d’appréhender un œuvre, ou plutôt une indécision, car ces dessins – sens dessus-dessous sont comme « un journal émotionnel » explique Blutch.

Agate Bortolussi

(1) Blutch, “L’inartistique ”, La lettre de l’Académie des Beaux-Arts, No. 94, été 2021
(2) “La libido est partout” Entretien avec Blutch, par Emma Abela, Blutch. Un autre paysage, éd. Dargaud, Paris, p. 23
(3) Blutch, “L’inartistique ”, La lettre de l’Académie des Beaux-Arts, No. 94, été 2021
(4) “La libido est partout” Entretien avec Blutch, par Emma Abela, Blutch. Un autre paysage, éd. Dargaud, Paris, p. 24

Blutch - Dessins Mish-Mash, Galerie GP & N Vallois, Paris, 10.06 - 23.07.2022. Courtesy Galerie GP & N Vallois, Paris. Photo : Aurélien Mole


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