Bernard Frize: Comment puis-je te dire...

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Open: Tue-Sat 11am-7pm

2bis Avenue Matignon, 75008, Paris, France
Open: Tue-Sat 11am-7pm


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Bernard Frize: Comment puis-je te dire...

to Sat 17 Dec 2022

Artist: Bernard Frize

2bis Avenue Matignon, 75008 Bernard Frize: Comment puis-je te dire...

Tue-Sat 11am-7pm


version française ici

Perrotin presents Comment puis-je te dire… (How To Tell You…), a solo exhibition by Bernard Frize at 2bis avenue Matignon. This new paintings reflect Frize’s complex and ever-evolving relationship to paint, the act of painting and what it means to be a painter.

There is a vast art-historical gulf between painting destruction and destroying painting. On one side we can count such harrowing representational works as Théodore Géricault’s Raft of the Medusa (1819); on the other, physically distressed canvases like Lucio Fontana’s “cuts” (1958– 68). Offering an unexpected bridge between these two metaphorical shores, Bernard Frize’s latest paintings are mesmerizing evocations— both pictorially and physically speaking—of destruction. The paintings presented in How to tell you… (all 2022) are neither narrative nor mutilated, but they owe their creation, in large part, to a kind of sanctioned degeneration. Unruly paint has been allowed to bleed over the artist’s own brushwork, complicating systematic strokes with smudges, swathes and stains whose amorphous hazy forms that suggest various celestial bodies. Managing to appear simultaneously vibrant and on the brink of ruin, the twelve paintings presented at Perrotin’s Matignon gallery reflect Frize’s complex and ever-evolving relationship to paint, the act of painting and what it means to be a painter.

For more than forty years, Frize has worked in series, producing suites of large, colorful canvases under strict predetermined conditions designed to exclude self-expression from his painting practice. The specific nature of Frize’s protocols change from one series to the next, but the underlying concept is always the same. Previous examples of self-imposed modus operandi include making a painting without reloading the brush and following someone else’s instructions for how to move the paintbrush. Each series represents a new attempt by Frize to undermine the artist’s traditional role as a decision-maker (to this end, even the titles of his works are automatically generated and assigned) and a virtuoso. Put off by notions of mastery, Frize has made a career out of inventing ways to enlist paint, brush and canvas as his collaborators. The result is a diverse oeuvre of systematically produced series in which happy accidents—drips, pools, swirls and wrinkles of paint, for example—sanctify each painting. In How to tell you…, the effects of allowing paint to do what it will are both more explicit and more exquisite than ever before.

In Frize’s previous works, scenarios wherein paint acts (or reacts) on its own terms have yielded relatively subtle results: an errant dark streak made by two overlapping colors, a few drips left behind by a watery stroke, or some added texture on the surface caused by a slightly overloaded brush, for example. In the current exhibition, by contrast, these types of unpredictable and uncontrollable paint “happenings” take center stage. As with prior series, the artist began his latest paintings with a thick brush dipped into his signature blend of acrylic paint and resin. Putting brush to canvas he filled each composition with abutting strokes that establish an all-over rainbow of lucent jewel tones. In each final painting, this standard backdrop is interrupted—in many cases effectively erased—by forms that are not “painted” per se, but, rather, borne from meandrous pools, drips, seepages and absorptions of paint.

Like an automated self-referential version of Robert Rauschenberg’s Erased de Kooning Drawing (1953), the works in How to tell you… invoke destruction as a key creative gesture. But whereas Rauschenberg did the erasing of de Kooning’s work himself, Frize lets paint wipe away his own strokes. The proverbial “artist’s touch” has been replaced with unanticipated amorphous forms, which register simultaneously as stains or smudges, but also as evocations of cosmic activity. In Lonea, for example, a dark swirl of blended colors has formed at the center of the composition on top of a striated multicolor background. Giving the impression of centrifugal force, this central form appears to attract glorious swells of paint from the top and bottom of the canvas like a blackhole. Isit, meanwhile, suggests the immediate aftermath of a supernova. Here the artist’s brushwork is barely visible, having been all but entirely replaced by marbleized swirls of pale colors around the edges of the composition. At the center, a hazy gray cloud bears electric crackles of pale yellow. In addition to providing a poetic visual reference, the comparison of Frize’s latest paintings to celestial implosions and explosions relates to the very process by which these works came to be. Embodying a precarious intersection of creation and destruction, How to tell you… confirms an inextricable link between two ostensibly opposing forces.

Mara Hoberman


La galerie Perrotin est heureuse de présenter Comment puis-je te dire…, une exposition personnelle de Bernard Frize au 2bis avenue Matignon. Cette nouvelle série de peintures (2022) reflètent la relation complexe et en constante évolution de Frize avec la peinture, l’acte de peindre et ce que signifie être peintre.

Il existe un vaste fossé dans l’histoire de l’art entre peindre la destruction et détruire la peinture. D’un côté, on trouve des œuvres figuratives bouleversantes comme le Radeau de la Méduse de Théodore Géricault (1819) ; de l’autre, des toiles physiquement torturées comme les « coups de cutter» de Lucio Fontana (1958-68). Offrant un pont inattendu entre ces deux rives métaphoriques, les dernières peintures de Bernard Frize sont des évocations hypnotiques de la destruction, tant sur le plan pictural que physique. Les tableaux présentés dans Comment puis-je te dire… (2022) ne sont ni narratifs ni mutilés, mais ils doivent leur création, en grande partie, à une sorte de dégénérescence sanctionnée. On a laissé saigner de la peinture indisciplinée sur les coups de pinceau de l’artiste, compliquant les coups systématiques par des bavures, des coulées et des taches dont les formes floues amorphes suggèrent divers corps célestes. Parvenant à paraître à la fois vibrantes et au bord de la ruine, les douze peintures présentées à la galerie Perrotin Matignon reflètent la relation complexe et en constante évolution de Frize avec la peinture, l’acte de peindre et ce que signifie être peintre.

Depuis plus de quarante ans, Frize travaille par séries, produisant des suites de grandes toiles colorées dans des conditions strictes et prédéterminées visant à exclure l’expression personnelle de sa pratique picturale. La nature spécifique des protocoles de Frize change d’une série à l’autre, mais le concept sous-jacent est toujours le même. Les exemples précédents de modus operandi auto-imposé incluent la réalisation d’une peinture sans recharger le pinceau et le fait de suivre les instructions de quelqu’un d’autre sur la façon de déplacer le pinceau. Chaque série représente une nouvelle tentative de Frize de saper le rôle traditionnel de l’artiste en tant que décideur (à cette fin, même les titres de ses œuvres sont générés et attribués automatiquement) et virtuose. Rebuté par les notions de maîtrise, Frize a fait carrière en inventant des moyens de faire de la peinture, du pinceau et de la toile ses collaborateurs. Il en résulte une œuvre diversifiée de séries pro- duites de manière systématique, dans lesquelles des accidents heureux – gouttes, flaques, tourbillons et rides de peinture, par exemple – sanctifient chaque tableau. Dans Comment puis-je te dire…, le fait de laisser la peinture faire ce qu’elle veut produit des effets à la fois plus explicites et plus exquis que jamais.

Dans les œuvres précédentes de Frize, les scénarios dans lesquels la peinture agit (ou réagit) selon ses propres termes ont donné des résultats relativement subtils: une traînée sombre errante faite par deux cou- leurs qui se chevauchent, quelques gouttes laissées par un trait aqueux ou une texture supplémentaire sur la surface causée par un pinceau légèrement surchargé, par exemple. Dans la présente exposition, en revanche, ce type d’« événements » imprévisibles et incontrôlables de la peinture occupent le devant de la scène. Comme pour les séries précédentes, l’artiste a commencé ses dernières peintures avec un pinceau épais trempé dans son mélange caractéristique de peinture acrylique et de résine. En posant le pinceau sur la toile, il a rempli chaque composition de touches contiguës qui créent un arc-en-ciel aux tons de bijoux brillants. Au stade final de chaque tableau, cette toile de fond standard est interrompue – et souvent effacée – par des formes qui ne sont pas « peintes » à proprement parler, mais qui naissent plutôt de flaques, de gouttes, de suintements et d’absorptions de peinture.

Comme une version autoréférentielle automatisée de l’Erased de Kooning Drawing (1953) de Robert Rauschenberg, les œuvres de Comment puis-je te dire… invoquent la destruction comme un geste créatif essentiel. Mais alors que Rauschenberg a effacé lui-même l’œuvre de de Kooning, Frize laisse la peinture effacer ses propres traits. La proverbiale « touche de l’artiste » a été remplacée par des formes amorphes inattendues, qui s’inscrivent simultanément comme des taches ou des souillures, mais aussi comme des évocations de l’activité cosmique. Dans Lonea, par exemple, un tourbillon sombre de couleurs mélangées s’est formée au centre de la composition sur un fond multicolore strié. Donnant l’impression d’une force centrifuge, cette forme centrale semble attirer de glorieuses houles de peinture provenant du haut et du bas de la toile, comme un trou noir. Isit, quant à elle, suggère les conséquences immédiates d’une supernova. Ici, le coup de pinceau de l’artiste est à peine visible, ayant été presque entièrement remplacé par des tourbillons marbrés de couleurs pâles sur les bords de la composition. Au centre, un nuage gris et brumeux porte des crépitements électriques de couleur jaune pâle. En plus de fournir une référence visuelle poétique, la comparaison des dernières peintures de Frize aux implosions et explosions célestes se rapporte au processus même par lequel ces œuvres sont nées. Incarnant une intersection précaire entre création et destruction, Comment puis-je te dire… confirme un lien inextricable entre deux forces ostensiblement opposées.

Mara Hoberman

View of Bernard Frize’s exhibition ‘Comment puis-je te dire...’ (How to tell you...) at Perrotin Paris, 2bis avenue Matignon, 2022. Ó Bernard Frize / ADAGP, Paris 2022. Courtesy of the artist and Perrotin. Photo: Tanguy Beurdeley.


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